Le doyen des clubs français 

    • Histoire: la création du HAC, le plus ancien des clubs français

    A l’occasion des 500 ans de la ville du Havre, le club qui fête dans le même temps ses 145 vous proposera régulièrement jusqu’à la fin de l’année, des articles sur les fait marquants de la longue histoire du HAC. Bien sûr pour débuter cette série, c’est la création du club qui est à l’honneur.

    Histoire: la création du HAC, le plus ancien des clubs français

    L’origine du football reste obscure : Chine, Grèce, Empire Romain, on trouve des traces de « jeu de ballon » un peu partout dans le monde. Une certitude cependant : ce jeu tel qu’on le connaît a été codifié par les Anglais une première fois en 1848 à Cambridge, une seconde fois en 1863, date de la fondation de la Football Association par onze clubs, marquant ainsi la différenciation avec ce qu’on appellera un temps le football-rugby. De par sa proximité avec la Perfide Albion et ses activités portuaires et commerciales, Le Havre était bien entendu le lieu d’accueil idéal pour cet étrange sport importé par des Anglais – anciens élèves d’Oxford et de Cambridge – exercé sur un terrain vague situé sur l’actuelle avenue Foch, près du bord de mer, avec un appentis loué par un boulanger en guise de vestiaire, et comme tenues des blouses de coton blanc ornées d’une soutache bleue aux manches.

    Cette quinzaine de passionnés (Révérend George Washington, Révérend Orlebar, F.F. Langstaff, Gabain, Vidal, Kaiser…) pratiquent en fait la « combination », un mélange de notre football et du rugby, au grand dam de certains. Comme en Angleterre, certains veulent jouer avec les mains, d’autres avec les pieds. Ce profond désaccord entre partisans de football-association et de football-rugby sera parfois même à l’origine de bagarres. 

    C’est en 1872 que la première rencontre d’un sport mélangeant le football-association et le football-rugby oppose les Anglais du Havre à des Anglais en escale dans la cité portuaire, membres des équipages du « Sultan » et du « Northumberland ». Là encore, il y a une grande confusion, certains jouent au pied et d’autres à la main dans le plus grand désintérêt de la population havraise qui suit plutôt des sports tels que la boxe anglaise ou l’escrime. 

    Toutefois, la persévérance du groupe du révérend George Washington est récompensée : de jeunes Havrais, de retour d’Angleterre et ayant été conquis par un sport qu’ils avaient eu l’occasion de pratiquer durant leur séjour outre-Manche rejoignent la troupe, laquelle n’a, dès lors, de cesse de grandir, et ce malgré le peu de temps libre dont bénéficient ses membres. En effet, il était hors de question de jouer le dimanche, et, tous travaillant six jours par semaine, comme c’était l’usage à cette époque, la partie, hebdomadaire, durait seulement trente petites minutes sur le temps du déjeuner.

    En septembre 1872, c’est le début d’une très longue histoire avec la création du Havre Football Club, nom du futur HAC, et déjà un premier déménagement vers le boulevard François 1er. Présidé par F.F. Langstaff, patron d’une importante maison de transit, le Havre Football Club va inspirer la création de plusieurs clubs en France quelques années plus tard. Le Paris Football Club (1879), le Club Omnisport des Girondins de Bordeaux (1881), le Racing Club de France (1882), le Stade Français (1883) sont certes plus adeptes du football-rugby que du football-association mais le mouvement est enclenché…

    • Du boulevard François 1er au stade Langstaff

    La première décennie d’existence va être compliquée par des problèmes d’aires de jeu. Une bâtisse est érigée au beau milieu du terrain du boulevard François 1er et le Havre Football Club doit alors trouver un nouveau point de chute. Après un essai au lieu dit « La Mare aux Huguenots », sis à l’angle du boulevard François 1er et du boulevard de Strasbourg, c’est près du canal d’Harfleur que le club s’exile. Cet éloignement du Havre empêche les joueurs de se réunir facilement et certains membres renoncent.

    Finalement, une solution est trouvée en 1882 : le club s’installe à Sanvic, sur un terrain situé devant l’église allant de la rue du Cimetière (rebaptisée ultérieurement rue Louis-Leprévost) à la rue Général-Hoche. Loué 600 F par an, il deviendra la « maison » du futur grand HAC et sera rebaptisé stade Langstaff plus tard, en 1925.

    Car le 20 Octobre 1884, le Havre Football Club devient Le Havre Athletic Club (HAC) et se transforme en club omnisport. On n’y pratique plus seulement de la « combination » mais également le hockey, le tennis et le cricket : une riche idée du Révérend Orlebar qui devient président. Le football est à nouveau attractif et, très rapidement, deux équipes peuvent être constituées à chaque rendez-vous.

    • Du ciel et du marine comme couleurs

    Lors de l’assemblée du 18 novembre 1884, les 24 membres ont voté entre les trois « genres » de football et ce choix s’est tourné vers la combinaison avec 12 voix, devançant l’association avec 10 voix et le rugby avec 2 voix. Mais ce choix ne s’imposa finalement que peu de temps, les membres du club en venant à s’inspirer principalement des règles du football-association (ce qui amena à la création de la section rugby). Peu importait, d’ailleurs, les Havrais jouaient principalement entre eux, tout comme les Parisiens ou les Bordelais… Il fallut attendre 1889 et la création de l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (U.S.F.S.A.) pour que les règles soient uniformisées.

    Autre pierre d’achoppement au sein du club : le choix des couleurs. Bien entendu, les Anglais ayant étudié à Cambridge souhaitaient revêtir le bleu ciel de leur université tandis que les anciens d’Oxford préconisaient leur bleu marine. Un compromis est alors adopté lors de l’assemblée générale du 15 avril 1891 : le maillot présentera les deux couleurs (à parts égales, bien entendu !). A l’époque, le HAC dépasse les cent membres, ce qui en fait la plus grosse société sportive de France.

    Cette même année, deux clubs, le «Gordon FC », créé par des Ecossais, et le « White Rovers », lancé par des Anglais, consacrés exclusivement au football-association, apparaissent en région parisienne. C’est ce que l’on considère comme le point de rupture définitif entre le football-rugby et le football-association.

    En 1894, un statut légal est conféré au HAC par un arrêté signé du Préfet de la Seine-Intérieure et sur avis du maire de Sanvic, Jules Balière. Malgré cela et de nombreuses victoires dans des matches amicaux, le Baron Pierre de Coubertin, secrétaire de l’U.S.F.S.A., n’autorise pas le club à intégrer le tout nouvellement créé championnat de France qui réunit six clubs de la région parisienne et reste fermé aux équipes de province. Ce n’est qu’en juin de la même année que l’U.S.F.S.A. reconnaît le HAC.

    Le public se déplace de plus en plus nombreux à Sanvic pour assister aux matches de football-association. Devant mille personnes, le 14 février 1896, le HAC atomise 4 à 0 en match amical le champion de France en titre, le Standard A.C. Face à cet intérêt croissant, la presse observe de plus près les pérégrinations du club havrais. Ainsi, paraît le 23 février 1897 le premier compte-rendu digne de ce nom d’un match du HAC dans le « Petit-Havre ».

    Le HAC accepte fort logiquement très mal d’être écarté des joutes du championnat de France. Il propose même trois fois de venir à ses frais dans la capitale, mais n’essuie que des refus, comme celui qu’exposent les dirigeants du Club Français, autre équipe parisienne, contactés par les Ciel et Marine dès 1896 pour organiser une confrontation entre les deux clubs. Les Havrais sont juste tolérés en 1897 en Coupe Manier, une compétition créée par le président du Paris Star, mais n’ont pas le droit de jouer avec plus de trois étrangers. Ils doivent donc se passer de la plupart de leurs titulaires anglais et laissent le trophée au Club Français (défaite 5 à 3 en finale).

    • Le HAC champion de France 1899 et 1900

    L’U.S.F.S.A. revient peu à peu sur ses positions et déclare lucidement qu’il ne peut y avoir de titre national sans ouverture à la province. Seuls l’Iris Club Lillois et le HAC se déclarent et doivent s’affronter dans une sorte de demi-finale dont le vainqueur rencontrera le Club Français. Mais cette « demi-finale » n’aura jamais lieu. Devant se dérouler au tout nouveau Parc des Princes, elle ne peut se jouer… faute de ballon ! Et quand l’indispensable accessoire est enfin trouvé, le terrain n’est plus libre ! Le match est reporté à Amiens quelques jours plus tard mais les Lillois déclarent forfait pour cause d’épidémie de grippe. Le HAC est alors qualifié… Et le Club Français refuse de l’affronter, arguant que cet adversaire n’est pas représentatif. Devant cette attitude peu sportive, le HAC, qui s’était déplacé à Paris, est sacré champion de France 1899 par l’U.S.F.S.A…. sans avoir joué ! 

    Le 23 avril 1900, le HAC remporte le Challenge International du Nord (créé par le S.C. Tourcoing) en battant le Club Français en finale après prolongations 3 à 2. Et, quelques jours plus tard, le 7 mai, les Havrais sont à nouveau champions de France en dominant 1 à 0 leurs adversaires favoris, le Club Français !

    En 1901, le HAC ne décrochera pas son troisième titre d’affilée mais sera tout de même finaliste face au Standard.

    L’année 1902 est marquée par de gros problèmes internes. Certains « footballeurs » sont également « rugbymen » selon leur envie et leur humeur et les deux équipes doivent se partager le même terrain. Ainsi, mécontents, d’éminents footballeurs quittent le HAC, comme le capitaine champion de France Frank Mason, et fondent le club du Havre Sports qui s’installe à Bléville, ce qui donnera lieu plus tard à d’épiques derbies. 

    La baisse des résultats au niveau national, consécutive à cette défection et au fait que certains joueurs poursuivent leurs activités à la fois footballistiques et rugbystiques sans se spécialiser, va entraîner lors de l’assemblée générale du 12 mai 1905 l’adoption du principe de l’autonomie morale et financière de chaque section du HAC sous le contrôle du comité directeur. Ainsi naissent le HAC Rugby, le HAC Football, le HAC Tennis, le HAC Hockey et le HAC Athlétisme. M. Albert Schadegg devient le premier président de la section football-association autonome.

    Le football s’impose peu à peu au monde. La FIFA, Fédération Internationale de Football Association, créée l’année précédente, en 1904, et qui partage les locaux de l’U.S.F.S.A., fait ses premiers pas, se structure, voit de plus en plus de pays la rejoindre. Le football ne balbutie plus, il s’impose. Le HAC peut être fier d’en avoir été le pionnier français. 

    E.L. et O.D.

    Source: http://www.hac-foot.com

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